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Le tutorat bénévole pour accompagner l’engagement et renforcer durablement les équipes
Dans de nombreux clubs, certaines fonctions reposent aujourd’hui sur un nombre limité de bénévoles : entraîneurs, juges, dirigeants, responsables d’organisation… Et ces besoins peuvent encore évoluer avec l’activité du club.
Le réflexe est souvent de rechercher de nouvelles personnes lorsque la situation devient urgente : un créneau à encadrer, des juges à mobiliser, une responsabilité difficile à assurer ou un bénévole qui souhaite passer la main.
Pourtant, développer son équipe bénévole demande du temps. N’attendons pas l’urgence pour accompagner de nouvelles personnes vers l’engagement.
Le tutorat bénévole offre une réponse simple : permettre à une personne de découvrir une fonction aux côtés d’un bénévole expérimenté, puis de gagner en compétences et en autonomie.
Donner envie, mais aussi rassurer
Accepter de donner un coup de main ponctuellement est une chose. Se sentir capable de devenir entraîneur, juge, dirigeant ou de prendre davantage de responsabilités en est une autre.
« Est-ce que je vais savoir faire ? »
« Est-ce que j’ai les compétences ? »
« Que se passe-t-il si je me trompe ? »
« Est-ce que je vais devoir me débrouiller seul ? »
« Combien de temps cela va-t-il me demander ? »
Ces interrogations peuvent freiner une personne pourtant prête à s’investir. Le tutorat apporte une réponse concrète à ces inquiétudes.
Le nouveau bénévole n’a pas besoin de tout savoir dès le départ. Aux côtés de son tuteur, il peut commencer par des tâches accessibles, poser ses questions, essayer et apprendre sans être seul face à la difficulté.
Essayer ne signifie pas non plus s’engager immédiatement dans la durée. Une première expérience peut se limiter à une séance, une compétition ou une mission. Elle permet à la personne de découvrir la fonction, de vérifier qu’elle lui plaît et qu’elle correspond à ses disponibilités avant de décider d’aller plus loin.
Une proposition parfois intimidante — « prends cette fonction » — devient alors beaucoup plus accessible : « viens essayer avec moi ».
Les futurs bénévoles sont peut-être déjà dans votre club
Développer son équipe bénévole ne signifie pas nécessairement chercher à l’extérieur. Certaines personnes déjà présentes autour du club peuvent avoir envie de s’investir davantage sans savoir comment franchir le pas.
Les parents d’athlètes connaissent déjà le club et peuvent souhaiter participer davantage sans connaître les possibilités d’engagement.
Les jeunes athlètes peuvent découvrir d’autres facettes de l’athlétisme, prendre des responsabilités et acquérir des compétences valorisables dans leur parcours personnel, scolaire ou professionnel.
Les athlètes qui souhaitent élargir leur expérience au sein du club peuvent découvrir l’encadrement, le jugement, l’organisation ou la vie associative, parallèlement à leur pratique.
Les bénévoles occasionnels constituent eux aussi un vivier. Le tutorat peut les accompagner vers des missions nécessitant davantage de compétences ou de responsabilités.
Anciens licenciés, proches ou autres personnes intéressées par la vie associative peuvent également trouver leur place.
L’objectif n’est pas de convaincre tout le monde, mais de repérer les personnes intéressées et de leur donner une occasion d’essayer.
Élargir aussi la recherche au-delà du club
Lorsque le vivier interne ne suffit pas, la plateforme publique JeVeuxAider.gouv.fr permet aux associations de publier gratuitement des missions et d’entrer en relation avec des personnes souhaitant s’engager.
Elle constitue un canal complémentaire pour rechercher de nouveaux bénévoles. Une fois le contact établi, le tutorat peut faciliter leur intégration et leurs premiers pas dans le club.
Commencer simplement : quelques exemples
Le tutorat ne nécessite pas de créer un dispositif complexe. Une mission concrète réalisée aux côtés d’un bénévole expérimenté peut suffire pour commencer.
Pour découvrir la fonction de juge, un licencié ou un parent peut participer à une compétition interne du club à destination des benjamins et benjamines. Aux côtés d’un juge expérimenté, il découvre la fonction dans un environnement familier avant, éventuellement, de poursuivre vers une formation.
Pour découvrir l’encadrement, un futur entraîneur peut assister l’entraîneur responsable pendant les séances : installation du matériel, accompagnement des ateliers puis prise en charge de certaines situations, sans avoir immédiatement la responsabilité d’un groupe.
Pour découvrir les fonctions dirigeantes, un bénévole peut accompagner un membre du comité directeur sur un sujet concret : préparation de la saison, organisation des créneaux, achat de matériel ou développement d’une nouvelle activité. Il découvre ainsi le fonctionnement du club et la manière dont les décisions sont préparées.
Pour prendre davantage de responsabilités dans l’organisation d’une course running, un bénévole peut accompagner un responsable lors de la préparation et du balisage du parcours. Il découvre les points de vigilance et les vérifications nécessaires avant de pouvoir, lors des éditions suivantes, prendre en charge un secteur.
Dans chaque situation, le principe est le même : faire découvrir et essayer une fonction avant de demander de l’assumer seul.
Le tuteur, un rôle essentiel
Mettre deux personnes en binôme ne suffit pas. Le tuteur doit bien sûr connaître sa fonction, mais surtout avoir envie de partager son expérience, d’expliquer et de laisser de la place au tutoré.
Le bénévole le plus expérimenté n’est donc pas nécessairement le meilleur tuteur. Sa disponibilité et sa capacité à accompagner sont tout aussi importantes.
Lors des premières expériences, un temps de préparation est particulièrement utile. Pour un entraînement, quelques minutes peuvent suffire pour présenter la séance, l’organisation des ateliers et la répartition des rôles. La même logique s’applique avant une compétition, une réunion ou la préparation d’une organisation.
À mesure que le tutoré acquiert des repères et prend confiance, cette préparation s’allège et la relation évolue vers une véritable collaboration entre deux bénévoles.
Faire ensemble au début, gagner en autonomie, puis collaborer : le tutorat permet au bénévole de trouver pleinement sa place dans l’équipe.
Le tutorat, avant et après la formation
Pour certaines fonctions, notamment celles de juge ou d’entraîneur, la formation reste essentielle. Le tutorat ne la remplace pas : il permet de découvrir concrètement la fonction avant de s’y engager.
L’accompagnement peut également se poursuivre après la formation. Pouvoir échanger avec un bénévole plus expérimenté lors des premières mises en situation facilite le passage des connaissances acquises en formation à leur application sur le terrain.
Pour d’autres missions, l’expérience acquise aux côtés du tuteur permettra directement de gagner en autonomie.
Il n’existe donc pas un parcours unique :
Découvrir → Essayer → Prendre confiance → Se former si nécessaire → Gagner en autonomie → Collaborer
Et maintenant, qui pourriez-vous accompagner ?
Le tutorat peut renforcer dès aujourd’hui une équipe trop réduite, faire évoluer des bénévoles déjà engagés et préparer les besoins futurs du club.
Deux questions peuvent permettre de commencer :
De quelles fonctions votre club aurait-il besoin de renforcer les effectifs ?
Qui, parmi vos athlètes, parents ou bénévoles, pourriez-vous inviter à essayer ?
Lors d’un prochain entraînement, d’une compétition, d’une réunion ou de la préparation d’un événement, une proposition peut suffire :
« Viens essayer avec moi. »
Une première expérience accompagnée peut être le point de départ d’un engagement plus régulier et permettre au club de développer, dans le temps, une équipe bénévole plus nombreuse et plus autonome.

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